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REF. LCA35_03
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ISBN: 978-2-87457-142-8

Marc 15,34 dans le Codex de Bèze et le Codex Bobbiensis

= Article =
 
par Claire CLIVAZ, dans PINCHARD L. et HAELEWYCK J.-C. (éd.), Traditions et Traductions des textes bibliques. Études de critique textuelle et d’exégèse en l’honneur de Prof. Christian-Bernard Amphoux à l’occasion de son 80e anniversaire (Langues et cultures anciennes, 35), Bruxelles, 2023.

Claire Clivaz se penche sur la leçon « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu fait objet de reproche ? » (au lieu de « …m’as-tu abandonné ? ») en Mc 15,34, telle qu’attestée par le Codex de Bèze auquel font écho trois témoins de la vieille latine (VL 1, VL 6 et VL 17), et qu’on trouve en tradition indirecte chez Macaire de Magnésie. Le dossier des sources juives – hébraïques, araméennes et grecques – autour de la notion de reproche, est à retravailler à la lumière de cette leçon largement délaissée.

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Daté des environ de 400 de notre ère, le Codex de Bèze – GA 05 ou D – présente la seule attestation directe grecque qui nous soit parvenue d’une variante particulière des derniers mots de Jésus en croix, tels que transmis par Mc 15,34 : ὁ θεός μου ὁ θεός μου, εἰς τί ὠνείδίσας με (f.345v, q. 44-3v), « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu fait objet de reproche (raillé, vilipendé) ? ». Le reproche ou la moquerie remplacent ici l’abandon exprimé par ἐγκατέλιπές με dans la citation du Ps 22,2, un terme présent également en Mt 27,46 ou dans l’Évangile de Pierre 5,19. Attestée dans trois manuscrits de la Vieille Latine (VL 1, VL 6, VL 17), et citée par un philosophe grec anonyme dans l’Apocriticus 2,23,6 de Macaire de Magnésie, cette variante mineure n’a jamais été incluse dans la reconstruction de l’Urtext du Nouveau Testament, quand bien même des chercheurs tels que Burkitt, Turner ou Harnack l’ont considérée comme originale au tournant du 20e siècle. Récemment, seuls quelques critiques textuels, tels Ehrman, Rodgers ou Cate, ont prêté attention à ὠνείδίσας με, mentionné à titre exceptionnel par les exégètes (tels Brown, Carey, Marcus ou Focant), alors même que Mc 15,34 figure parmi les versets les plus discutés du Nouveau Testament. En hommage à l’œuvre de Christian Amphoux, cet article souhaite montrer l’importance de cette variante mineure transmise en grec par le Codex de Bèze, et en latin notamment par le Codex Bobbiensis.


Mots-clés : Évangile de Marc, crucifixion, Mc 15,34, critique textuelle
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